My Own “Grand Tableau Noir”: List of People Responsible of My Moral, Professional, Even Chemical Harassment (1999–2019), or Discredit Upon “Bipolarity Report”

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Kanye West Ye (2018)’s Cover

“The opinion which other people have of you is their problem, not yours. This is very important to know. If you have a clear conscience and are doing work you love, others will try to spit on you. Then, 10 years later, you are honoured for the same work you were criticised for.” (Marina Diamandis, 17 May 2019). @Klimouna Saïdani (2009–2019, I hope you are fine).

References

Laborit H., 1985. Éloge de la fuite. Gallimard.

Radiohead, 1997. “Karma Police”. OK Computer. Parlophone.


1. The CEAZA (Chile)-connected Academic Chain

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Jakob Abermann (Environmental Science; Psycho-dominance)
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Bernardo Broitman (Environmental science; psycho-dominance)
Alexander Brenning
Alexander Brenning (Mathematics Science; Psycho-dominance)
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Jessica Darriet (Environmental Science; Bipolar disorder)
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Simon Gascoin (Environmental Science; Psycho-dominance)
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Hervé Jourde (Environmental Science; Psycho-dominance)
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Christophe Kinnard (Environmental Science; Psycho-dominance and bipolar disorder)
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Sébastien Ladessus (Energy sector; psycho-dominance)
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Carlos Mendoza Martinez (Environmental Science; psycho-dominance and bipolar disorder)
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Osvaldo Painemal (Environmental Science; Psycho-dominance)
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Michal Petlicki (Environmental Science; Psycho-dominance)

2. The Dead-End Consciousness Case: Parisian Bourgeoisie Bohême

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Johan Dalla Barba (Internet platforms; anxiousness disorder)
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Julie Fen Chong (Social Science; psycho-dominance and bipolar disorder)
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Morgane Josso (Internet industry; psycho-dominance and bipolar disorder)
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Alexandre Rouger (Insurance sector; aggravated C-QEB contamination and 1-minute bipolar disorder)
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Jacques Tonnet (Teaching area; Death trajectory)

3. The French CNRS Academic Chain

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Xavier Bodin (Environmental science; psycho-dominance)
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Daniel Brunstein (Environmental Science; Psycho-dominance)
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Marie Chenet (Environmental science; string-pulling)
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Étienne Cossart (Environmental science; psycho-dominance)
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Thierry Feuillet (Environmental science; psycho-dominance)
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Emmanuelle Gautier (Environmental science; psycho-dominance)
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Vincent Jomelli (Environmental science; psycho-dominance)
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Laurent Lavigne (Environmental science; string-pulling actor and psycho-dominance)
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Renaud Le Goix (Environmental science; burn-out specialist)
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Béatrice Rodriguez (Social science; Death trajectory and bipolar disorder)
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Laurent Vriez (Environmental science; Death trajectory, bipolar disorder, and Fishbach + Savoie’s Tomme over-consumption – LOL)

4. The Family

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Romain Monnier (Social planner; aggravated C-QEB contamination and psycho-dominance).
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Alain Monnier (Psychiatry network; aggravated C-QEB contamination and psycho-dominance).
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Catherine Monnier (Blogging; aggravated C-QEB contamination and psycho-dominance)

 


 

Annexe

Le LGT du CNRS de Menton ou le “Laboratoire des Gros Teubés” (interview fictive)

 

Avon, 20 août 2018

J’ai déjeuné avec mon vieil ami Thibault. Je ne l’avais pas vu depuis des années. Lui aussi a souffert de troubles psychiques. Il y a une vingtaine d’années, nous étudiions ensemble en maîtrise de géographie à la Sorbonne. Nous avions notamment l’habitude d’aller boire un verre après un cours optionnel qui ne se déroulait pas à la Sorbonne mais au Laboratoire de Géomorphologie Terrestre (LGT), à Menton, sur le campus du CNRS. C’était toute une galère, il fallait aller prendre un train à Montparnasse, il n’y en avait qu’un toutes les demi-heures, et le laboratoire en question était paumé dans le recoin le plus sombre et froid et lugubre du campus, il fallait marcher presque dix minutes depuis la gare. Je n’ai jamais vu un endroit aussi déprimant pour étudier. Le seul avantage c’est qu’au retour Thibault et moi nous passions à la Fnac de Montparnasse pour écouter les nouveautés rock. Et ensuite c’était la bière à Saint-Sulpice.

Nous étions jeunes et cons mais avions déjà compris à quel point le monde universitaire français était le repère des pires dégénérés que le monde du travail peut enfanter: en bonne majorité des gens aux egos surdimensionnés, persuadés d’être au-dessus de toutes les lois, obsédés par le pouvoir, rongés par la vanité et l’envie ou le mépris des autres. Le labo de Menton où nous allions faire la sieste, le lundi après-midi si mes souvenirs sont bons, n’échappait pas à la règle. Et c’était même plus que ça: comme si les gens les plus distortionnés et névrosés par le système s’y étaient donnés rendez-vous. Il y avait quelques professeurs ou chercheurs formidables, mais ils étaient noyés au milieu d’une sacré bande de tarés et pervers. Nous avions eu vite fait de rebaptiser l’acronyme LGT en “Laboratoire des Gros Teubés”. D’autres étudiants nous avaient applaudis.

Dans les années suivantes, Thibault a fait une thèse; il était rattaché au LGT. Aujourd’hui, lors de notre déjeuner, je me suis rappelé et ai réalisé à quel point il s’était fait, disons-le, enculer en travaillant là-bas et même après, et à quel point il en avait pâti psychiquement. J’ai commencé à lui parler de mon blog, lui dire que ce serait intéressant de collecter son témoignage. J’ai toujours aimé détruire par écrit les gens qui le méritent: la rédaction permet de prendre du recul, viser la cible et tirer à bout portant avec les bons termes. Il s’est d’abord montré un peu réticent. Alors je lui ai dit: tu

travailles dans le privé, tu as complètement coupé les ponts avec ce monde-là et ne le reverras jamais; tu peux faire ce qu’ils rêvent tous de faire dans ce milieu: décharger ta bile, sans modération. J’ai commandé deux cafés et, pour lui, un verre d’Armagnac. Il a commencé à s’exciter un peu. J’ai dit: Eh! On va faire ça comme une interview! L’idée l’a tout de suite séduit. J’ai sorti mon smartphone, ai ouvert l’application dictaphone, et on était partis.

Tu gardes quel souvenir de ta thèse au Laboratoire des Gros Teubés?

(Rire gêné). Attends, si on fait une interview, il faut que ce soit sérieux. On va pas reprendre le vocabulaire qu’on employait lorsqu’on était des p’tits cons d’étudiants. Dis Laboratoire de Géomorphologie Terrestre, ou juste “LGT”, ça fera l’affaire.

Quand tu auras fini ton Armagnac tu verras que tu ré-adopteras sans problème cette terminologie…

Hhmm… Peut-être pas faux…

Bon, alors, quel souvenir tu gardes?

Assez horrible en fait. À cette époque, j’avais commencé à voir un psychiatre pour des problèmes d’angoisse… Ça allait pas super fort, j’avais cassé avec ma copine… J’étais un peu déprimé mais surtout très anxieux et je psycho-somatisais beaucoup… Mes premières grosses crises d’angoisse ont d’ailleurs commencé là-bas, à Menton. J’étais jeune et naïf, j’avais choisi mon directeur et mon sujet de thèse en écoutant mes envies, sans capter que dès la deuxième année de master tout est stratégie et calcul si tu prétends t’en sortir et obtenir un poste de chercheur ou de maître de conf ensuite… Dès les premières semaines, j’ai compris que quelque chose clochait. Des gens étaient agressifs avec moi. Il y avait notamment un jeune chercheur qui commençait à avoir le vent en poupe, Laurent Fusilli il s’appelait. Je crois pas que tu l’aies connu. Il avait un ego de taré, il faisait plein de sport et ça se lisait sur sa tronche qu’il se considérait comme l’être supérieur incarnation de l’Élite. Un jour il m’a pris à part, m’a dit que mon sujet était de la merde, que ce n’était pas “vendable”, que je n’irais nulle part. Le plus drôle c’est qu’il se plantait complètement. Dix ans après mon sujet était total hype, notamment en Suisse, en Grande-Bretagne, aux États-Unis…

C’était quoi ton sujet de thèse, déjà?

Ça te parlera pas, des trucs de science-fiction en haute montagne. Évidemment Fusilli travaillait sur des sujets proches mais pas identiques… Surtout il avait fait sa thèse avec le même directeur que moi et ça s’était mal passé parce que son ego de merde ne supportait pas toutes les corrections et critiques qui lui étaient imposées. Du coup, je trinquais…

Putain… Mais il avait pas les couilles de s’en prendre directement au directeur en question?

Si. C’était un warrior, limite sadique, il adorait la compétition et la domination. Une fois recruté comme titulaire il avait tout fait pour en faire baver un maximum à mon directeur. Mais il arrivait pas à se contenter de ça. Foutre des coups de hache dans l’arbre était insuffisant; il fallait aussi piétiner les fruits. Il avait vraiment un problème… Il était toujours là, avec son expression favorite à la bouche: “comment tu vas vendre ton sujet, blablabla?” On avait l’impression de parler à un représentant de commerce. Sauf qu’il était fringué comme un tortue-ninja.”

Ça a dû être un peu déstabilisant ce genre de situation, alors que tu commençais tout juste ta thèse?

Assez, oui. Surtout quand tu sens que ta santé psychique devient un peu bancale. Mais encore, ce que je t’ai raconté, là, c’était rien. Un jour, ce même type m’a pris à parti avec l’informaticien du labo, tu te rappelles de lui: Weinstein?

Ah oui… Le “gnome”, c’était le surnom que les étudiants lui donnaient!

(Rires). Oui! C’était pas complètement démérité. Il croyait détenir tous les rênes parce qu’il maîtrisait des programmes informatiques que les gens ne connaissaient pas à l’époque. Mais c’était loin d’être une lumière.

Et donc, Fusilli et Weinstein te prennent à parti?

Oui. Je me rappelle plus quand c’était exactement… Un peu plus tard… J’avais déjà avancé ou disons mal avancé dans ma thèse. On était à la cantine du campus et à la fin du repas je m’étais retrouvé seul avec ces deux-là. Et là ils m’avaient fixé et m’avaient sorti un truc comme: “C’est quoi ton délire avec ton sujet de thèse?” J’étais resté un peu interdit, j’avais dû benoîtement répondre que ça m’intéressait et me faisait tripper. Ensuite, pendant dix minutes, ils m’avaient démonté. J’étais au bord des larmes. Il y avait eu deux ou trois autres situations similaires. Je m’étais mis à faire des crises de panique à la seule idée d’aller à la cantine.

Ce que tu décris ressemble limite à du harcèlement professionnel, non?

C’était du harcèlement professionnel. Quelques mois après, j’avais été convoqué pour une visite médicale obligatoire à la Sorbonne, j’en avais parlé à la toubib, c’est elle qui m’avait alerté sur le fait que c’était une situation anormale, que je pouvais le rapporter ou je sais plus quoi. Mais j’avais déjà pris mes distances avec le LGT. J’avais relu Éloge de la Fuite de Laborie et j’avais presque arrêté d’aller à Menton. En plus c’était loin de chez moi, et tu sais à quel point l’endroit est à se flinguer. Je préférais aller travailler avec mon portable à la B.U. du quartier latin, au moins il y avait plein de meufs à mater et des cafés sympas aux alentours.

Mais ça ne t’a pas empêché de faire finalement une très bonne thèse?

Oui. Mais bon ça ne m’a pas mené à grand chose. C’est certain que ma soutenance de thèse ressemblait à une sorte d’adoubement. Mais “politiquement” parlant, pour le… Disons “networking”, j’étais déjà mort. Il n’y avait pratiquement personne du LGT à ma soutenance… En même temps je l’avais cherché, je ne mettais les pieds à Menton que lorsque c’était strictement nécessaire…

J’aimerais qu’on reparle de ce que tu m’as raconté tout à l’heure, ce recrutement raté…

Attends! J’ai pas fini avec les tentatives d’intimidation de la part du personnel. Tu te rappelles de… Comment il s’appelait? Le mec qui venait en moto et avait toujours, mais toujours, le même pull horrible débile avec un gros dessin de Mickey dessus. Tu vois pas? Dans le département de sédimentologie?

(Je fais signe au serveur d’apporter un deuxième Armagnac pour Thibault). Euh, non… Je crois pas avoir mis les pieds là-bas…

C’est pas grave. Le truc c’est que je m’étais démerdé pour avoir des tonnes de sédiments à analyser. Il y avait deux mecs en charge des appareillages. L’un était sympa, et l’autre…, Renardeau, c’est ça! Le motard avec son pull Mickey. Le mec ne me supportait pas, j’ai jamais trop compris… Si je lui demandais de l’aide ou quelque chose, il m’envoyait chier. Quand j’y repense, y’avait vraiment

beaucoup de personnes déséquilibrées là-bas. Et… Ah oui, c’était bon ça aussi! Curieusement, dans le même labo de sédimentologie, un jour, alors que je triais mes sacs de terre, Quenell avait débarqué avec deux étudiantes… Tu te rappelles de Quenell?

J’avais eu quelques cours avec lui en licence, ouais. Il était fort, non?

Trop fort. Il se pissait dessus. C’était l’archétype de l’ego qui a tellement grandi que ça dégouline de partout… Bref, j’étais au milieu de mes échantillons et là Quenell débarque avec deux étudiantes mais trop bonnes, mon pote. Il me serre la main, me dit je sais plus quoi, je jette un oeil aux deux minettes et je lui demande, sincèrement sans arrière-pensée: “ce sont vos étudiantes?” Il m’a tancé d’une manière… Et puis il m’a dégommé. “Comment ça mes étudiantes? Qu’est-ce que vous insinuez? Il y a mon nom marqué sur leurs fronts? De quel droit vous parlez d’elles comme ça? Gnagnagna…” C’était juste hallucinant. Le plus drôle c’est que le même jour je l’ai ensuite aperçu à la cantine avec ces deux étudiantes qui n’étaient pas ses étudiantes, entendons-nous bien!… Ils s’étaient assis le plus loin possible du groupe habituel du LGT. Il était vautré sur sa chaise, la chemise ouverte et il les baratinaient mon pote, un truc de fou. J’espère pour lui qu’il les a baisées.

Cela nous permet de rebondir sur le thème de ce poste qui t’a échappé… En quelle année c’était?

(Thibault descend son deuxième Armagnac). 2009. J’étais en galère depuis la fin de ma thèse, je voyais vraiment pas comment j’allais obtenir un poste. Politiquement, en termes de réseaux, j’étais plus ou moins cuit, et lorsque j’étais auditionné, ce qui arrivait assez rarement, c’était sur des postes très peu en adéquation avec mon profil — et je me chiais dessus — ou alors des postes complètement barrés par le localisme et le privilège des candidats internes. Et… Donc. Ouais! Là, ils ouvrent au concours un poste de maître de conf à Paris Z, en géomorphologie, pile mon profil. Et tous les gens avec qui j’avais des bons contacts et que je croisais me disaient: “Thibault, ce poste il est pour toi. Il cherche d’abord un enseignant de premier cycle, blablabla…” J’avais enseigné des années en premier cycle, en tant que chargé de TD. Je commençais à avoir quelques publis… C’était pour moi ce poste, j’avais plus qu’à envoyer un bon dossier de candidature, ce que j’ai fait, je l’avais fait relire, corriger et tout, attendre d’être auditionné et ne pas me chier dessus.

Et, selon ce que tu m’as dit tout à l’heure, tu n’as même pas été auditionné? Mais j’ai pas bien compris tous les détails…

C’est compliqué. Un vrai sac de nœuds pourris comme tu n’en trouves qu’à la fac… Je vais essayer d’être clair. À la base, on retrouve le Labo des Gros Teubés…

Qu’est-ce que je t’avais dit?…

Quoi?…

Tout à l’heure… Je t’ai dit qu’après l’Armagnac tu reviendrais à employer ce terme: le Laboratoire des Gros Teubés.

(Rires). Ah oui!… Donc, à la base, soyons respectables, on retrouve le LGT. Avant la réunion du comité de sélection de Paris Z en charge d’examiner et sélectionner les dossiers, au LGT, ils ont organisé une sorte de premier tour, de pré-sélection… De “primaires”… Tu vois? Il y avait bien évidemment Weinstein, Frappetta, tu vois qui c’est, un mec avec de la couperose ou de l’herpès, il était tout le temps rouge et suant, bref, l’autre là aussi, celle qui était directrice à l’époque, Mugtz… Jamais réussi à prononcer son nom, et… Laberge. Jacky Laberge? Tu te rappelles de lui, tu l’avais eu en TD, je crois?

Parfaitement. Il était marrant. Un peu branleur, mais ultra-populaire.

Un truc de malade. On va en reparler après. Donc, le truc, c’est que ces quatre-là se réunissent, clandestinement, soyons francs, et décident, ou du moins prononcent un projet collectif: m’éliminer. Ils voulaient faire passer un type qui s’appelait Dildo, ou Didot, j’sais plus. Celui qui en l’occurrence a ensuite obtenu le poste. Un mec qui n’avait pratiquement jamais enseigné. Il avait une trentaine d’années comme de publis sur des histoires de galets charriés par la flotte dans les cours d’eau des Ardennes, mais n’avait jamais donné un seul TD ni cours magistral en premier cycle de sa vie, alors que le profil du poste c’était d’abord: enseignant.

Mais au LGT ils étaient à ce point influents auprès du comité de sélection de Paris Z?

Oui, tu vas voir… Et puis à Paris Z, même hors du LGT, pour toujours les mêmes raisons de réseaux et de politique, j’avais des ennemis ou des gens qui la jouaient double-jeu avec moi. Imagine le panier de crabe que c’était. Je sais plus vraiment qui était dans ni présidait le comité de sélection… Tu sais à l’époque c’était très hermétique, les compositions des comités de sélection n’étaient pas affichées publiquement sur le net comme elles l’ont été ensuite… De toute façon l’important… L’important c’est de comprendre que tout allait dépendre des “primaires clandestines” qui avaient eu lieu à Menton avec les quatre autres teubés, Weinstein, Frappetta, Mugtz-machin-chose, et Laberge. C’est eux qui contrôlaient tout. Le comité de sélection devait se plier à leur décision. C’est comme ça que ça marche! Partout… Peu de temps avant l’annonce des candidats auditionnés, j’avais eu vaguement bruit de ce qui se tramait… Mais pour comprendre ce qui s’est réellement passé, et qui est à la fois très subtil et très vulgaire, il m’a fallu du temps, des années, mais à un moment j’avais plusieurs témoignages de source sûre qui tous convergeaient. Regarde? Qu’est-ce que je t’ai dit tout à l’heure? Qui était le seul représentant du LGT dans le comité de sélection de Paris Z?

Jacky Laberge?…

Exact. Ce mec était vraiment le pivot, l’articulation entre le laboratoire de rattachement, le LGT donc, et la fac où les cours devaient être donnés, Paris Z. Je crois même qu’il était déjà dirlo adjoint du LGT. Il était aussi influent à Menton que dans le Quartier latin. Le truc le plus ouf c’est que le comité de sélection, va savoir sous les ordres de qui, a filé l’examen de mon dossier à deux potes à moi qui siégeaient dans le comité. Des mecs qui me connaissaient très bien. Ils ont dû subir une pression pas possible pour accepter. Cela… C’est bien simple, cela ne se fait pas dans le monde universitaire. C’est une question d’éthique. Les évaluations, au niveau des recrutements, des publications, etc., doivent être gouvernées par le principe d’indépendance des points de vue. Sinon il y a “conflit d’intérêt” et l’évaluation est forcément biaisée. On ne se fait pas évaluer par ses potes, point. Tu comprends? Ils ont évidemment fait exprès. Un dossier examiné par deux mecs qui entretenaient avec moi une relation de dépendance amicale n’avait plus aucune crédibilité. Ensuite Laberge n’avait plus qu’à passer sa tartine…

Dire que tu couchais avec tes étudiantes…?

C’est ça. Je crois même que la formulation exacte c’est que j’étais un « queutard ». Mais cela n’a pas d’importance. J’étais grillé de toute manière.

Est-ce que c’était vrai?

Que je couchais avec mes étudiantes? Strictement parlant, non. Je n’ai jamais pécho des étudiantes que je devais évaluer en fin d’année. J’aurais pu mais non, quand même… Par contre, c’est vrai, et je ne peux pas, avec le recul, ne pas admettre que j’ai un peu joué avec le feu de cette manière, j’ai eu deux ou trois “relations” avec des anciennes étudiantes; mais soit elles n’étaient plus soit moi je n’étais plus à Paris Z. Le problème c’est que Paris Z c’est ragots, ragots, ragots. Je connais une ancienne étudiante avec qui je suis resté ami — non, je te vois venir, pas une qui serait tombé dans mes filets, c’est bon! (Rires) —, elle m’a donné son point de vue, forcément très instructif car issu du milieu même des étudiants… Qu’est-ce qu’elle m’a dit déjà? Oui, un truc comme quoi les autres enseignants m’enviaient et plus que tout enviaient ma liberté et ma désinvolture. Quand tu te la joues fun au milieu de gens qui ont une vie de merde, c’est normal, à un moment ça te retombe sur la gueule… Et Laberge c’était vraiment le meilleur dans ce domaine-là, dans le rôle de la langue de pute. Et comme c’était un bon toutou et que lors de la réunion préliminaire à Menton il avait reçu l’ordre de me descendre… Bah il l’a fait. J’avais le dossier le plus en adéquation avec le profil du poste. Et je n’ai pas été auditionné. Ils ont auditionné Dildo, celui qui a été recruté, et trois autres personnes qui soit avaient déjà été classées premiers sur d’autres postes à Paris Z ou ailleurs, soit avaient la garantie de l’être… Enfin bref, Dildo n’avait plus d’adversaire. Le seul qui aurait pu lui barrer la route c’était moi. Mais ils m’avaient flingué.

C’est quand même une histoire de dingues, même si j’imagine que c’est un exemple qui confirme la règle. Tu as reparlé avec Laberge ensuite?

Avant de savoir que c’était lui l’enfoiré qui m’avait vendu, oui. Quel hypocrite… Je lui en ai parlé à deux reprises. D’abord juste après le concours, je lui ai envoyé un mail genre c’est quoi ce délire, vous m’avez même pas auditionné? Tu sais ce qu’il m’a répondu? Que je n’avais pas assez de publications dans des revues, que tous ceux qui avait été auditionnés étaient bardés de publis contrairement à moi… C’était n’importe quoi. Ils avaient par exemple auditionné Annie Benet, tu vois qui c’est?

Oui. Je la voyais des fois à la fac. Elle faisait tout le temps la gueule.

Ouais, mais on s’en branle… Le truc c’est qu’elle n’avait aucune publi. Rien. Elle avait à peine réussi à terminer sa thèse, la rumeur courait que quelqu’un l’avait écrite à sa place. Elle était auditionnée et pas moi — alors qu’elle était déjà pratiquement recrutée sur un autre poste de Paris Z, j’me rappelle maintenant!… Et Laberge qui me sort “mais ouais ils avaient tous plus de publis que tooii, nanana.” C’était grotesque.

Je l’ai jamais vraiment senti ce mec, ça ne m’étonne pas. Et la deuxième fois, il s’est passé quoi?

C’était lors d’un colloque, un ou deux ans après le fameux recrutement. Je migrais encore plus ou moins dans le monde universitaire… On avait bouffé ensemble, on était plutôt potes tu sais à la base… Comme toujours il était entouré de sa smala–harem d’étudiants–étudiantes. Au café — je savais pas encore que c’était lui le mouchard, hein, mais je savais déjà sur quels arguments on m’avait zappé — je lui ai dit, très directement: “Bon, je sais ce qui s’est passé. Quelqu’un m’a descendu en disant que je couchais avec mes étudiantes.” Sa réaction fut ridicule, il est parti dans une grande embardée, sans oser soutenir mon regard, me disant “mais non, Thibault, ne sois pas con, ne va pas croire les gens qui disent ça.” J’ai jamais vu un mec mentir aussi mal. Ce jour-là j’ai vraiment su que cette histoire d’élimination pour coucheries c’était vrai. Et quand, plus tard, j’ai appris que c’était lui qui avait balancé cette “réputation”, ça ne m’a vraiment pas étonné.

Et lui, il se tapait pas ses étudiantes? Enfin à la fac c’est commun, non?

Mais oui! La moitié des profs de Paris Z couchait avec leurs étudiantes! Enfin, la moitié, j’y vais fort, mais tu vois ce que j’veux dire… Laberge, qui était une vraie commère quand j’y repense, m’avait par exemple raconté comment Fusilli les attirait sous sa tente sur le terrain… Bon, mais la différence c’est qu’ils étaient titulaires donc intouchables. Moi j’étais postulant. Et ça fait toute la différence. Si tu savais les soirées où j’ai été, des trucs avec profs, étudiants, de la tise et de la beuh partout, et ce qui a pu se passer… C’est trop facile quand t’es prof, 90% du travail de séduction est fait. Et tu te rappelles des p’tites poulettes qu’il y avait en géo…

Oh que oui…

Mais le pire c’est pas ça. Laberge je sais pas s’il se tapait ses étudiantes. J’avais entendu des bruits comme quoi il s’était fait faire des massages de pieds par des meufs lors d’un stage en Corse. Mais bon, un massage de pieds…

Attends! N’oublie pas le dialogue culte dans Pulp Fiction! Un massage de pied ça n’a jamais rien d’innocent.

Right, my friend. Mais là où je veux en venir c’est encore plus ouf. Tu te rappelles que Laberge était vraiment très populaire? Qu’il avait tout un réseau en Malaisie…? Chaque année il envoyait un convoi d’étudiants en master là-bas. Par des concours de circonstances que je te passe, j’ai eu l’occasion d’en côtoyer quelques uns, de comprendre ce qu’il se passait là-bas…

C’est-à-dire?

Déjà, comme par hasard, c’était généralement des bons branleurs, style aventuriers du Luxembourg fumeurs de pet. La Malaisie était devenu une sorte de mythe parmi les étudiants à Paris Z. Tous captaient qu’il y avait une dimension rituel initiatique dans le truc. Imagine: t’as quoi vingt-et-un ans? Et on te catapulte dans un pays comme ça? Les gus faisaient n’importe quoi: ils se droguaient, faisaient des teufs invraisemblables, se tapaient des putes, goûtaient aux réseaux de pornographie locaux, etc. J’en rajoute, hein, mais ce que j’ai pu entendre c’est que clairement, quand même, le stage de master c’était aussi du tourisme sexuel. Laberge lui-même m’avait fait tout un topo une fois sur la réputation de grosses bites que les Français avaient là-bas ce qui, ajouté à leur pouvoir d’achat, leur donnait un avantage énorme pour pécho.

T’aurais dû faire ta thèse avec Laberge en fait? T’aurais pu être cent fois plus queutard que tu ne l’étais vraiment, en toute impunité, avec des petites malaisiennes à tes pieds, et tu aurais eu un poste au final…

Et passer mes jours à travailler à Menton dans ce cagibi de décérébrés? Au fond, c’est très bien que tout se soit passé comme ça, je devrais pas me plaindre! (Rires). Mais au vu de mes problèmes psychiques, à l’époque, ça m’a bien miné, j’ai eu une bonne phase de dépression dans la foulée. Publie tout ça in extenso, au fond, maintenant que je suis bourré je t’en donne l’autorisation. Et ça fera un beau portrait de comment le monde académique français peut puer du cul. Non?

Tout à fait. Et même au-delà de ça: c’est bien toi tout à l’heure qui soulignais comment en vingt ans le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur avait été pénétré, gangrené par l’esprit et les rythmes de l’entreprise hiérarchisée, néolibérale, compétitive; tu n’es pas le premier à me dire ça. Bon, tu veux un autre Armagnac?

Non, merci. Un déca. Putain, toi qui a pris de la coke, tu penses qu’en Malaisie ils en chopaient?

***

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